Langues buissonnières #7 : Langage et racialisation

Atelier Langues buissonnières #7

Le Samedi 7 mars à 15h, à La Colonie

Pour cet atelier sur « Langage et racialisation » nous invitons deux chercheur.e.s qui travaillent sur les processus de créolisation et de whitisation liés au pratiques langagières.

Ary Gordien part des analyses de Franz Fanon dans Peau noire, masques blancs, aux Antilles et montre comment le créole était dénigré encore au XXe, siècle car considéré comme un mauvais français, parlé par les couches les plus populaires et majoritairement noires. La maîtrise du français incarnait non seulement l’ascension sociale mais aussi l’accession au monde « blanc » du colonisateur. En Guadeloupe, bien que ces représentations persistent en partie, depuis les années 1970 les mouvements indépendantistes ont réussi à populariser une revalorisation du créole et à imposer l’idée selon laquelle il représente un marqueur d’authenticité culturelle.

Suzie Telep s’intéresse aux formes et aux enjeux politiques de la whitisation symbolique chez des militants afrodescendants d’origine camerounaise, rencontrés au cours d’une enquête ethnographique dans une association panafricaine de jeunes étudiants, cadres et dirigeants d’entreprise à Paris, dénommée RésAfrique. A partir de l’analyse du Gala Exception, l’événement public phare de l’association, elle montre comment, par la mise en scène cohérente d’un ensemble de signes corporels (vêtements, coiffure, maquillage, corpulence, etc.), visuels (décor, etc.), sonores (musiques) et langagiers (accent), ces personnes whitisent en exhibant tout un appareillage symbolique de la réussite sociale et matérielle, qui signale leur appartenance aux classes supérieures des dominants économiques

Biographie des intervenant.e.s

Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Suzie Telep est docteure en sciences du langage de l’université Paris Descartes. Dans sa thèse de doctorat intitulée « Whitiser, c’est parler comme un Blanc. Langage, subjectivité et postcolonialité chez des militants afrodescendants d’origine camerounaise à Paris », elle a analysé les processus de subjectivation et d’émancipation politique par le langage et le corps chez de jeunes cadres et dirigeants d’entreprise racisés, au croisement des rapports de race, de classe et de genre. »

 Ary Gordien est chargé de recherches en anthropologie au CNRS, LARCA, Université de Paris. Dans le cadre d’un précédent contrat postdoctoral, au sein du projet «Repairs : Réparations, compensation et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afriques, XIXe-XXIe siècles)» de l’Agence Nationale de la Recherche, il a également travaillé sur la commission jamaïcaine pour les réparations au titre de l’esclavage.
Toujours en lien avec l’aire culturelle caribéenne, sa thèse, soutenue en 2015 à l’université Paris Descartes, s’intéresse aux expressions de conscience identitaire en lien avec le nationalisme, la race et l’ethnicité en Guadeloupe. Ses autres thèmes de recherche concernent la musique, la danse, le genre et la sexualité.

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