Situation(s) du langage et cinéma : le son de la séance à Mains d’œuvre!

Le samedi 10 octobre une partie de l’UB était invitée au festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris (CJC cinéma à retrouver ) dans un lieu magnifique : Mains d’œuvres à Saint-Ouen. Voici l’enregistrement de cette séance… sans les films commentés malheureusement!

Mains d’Œuvres
1 rue Charles Garnier — 93400 Saint-Ouen

Situation(s) du langage et cinéma

Présenté et animé par les membres de l’Université Buissonnière.

À partir d’une sélection de films expérimentaux qui nous ont inspiré des réflexions de sociolinguistique politique, nous nous poserons les questions suivantes : quel rapport au langage ces films expérimentaux entretiennent-il ? Comment les formes langagières y sont-elles appréhendées ? Partant à la recherche d’une politique du langage, ces films seront à la fois l’occasion de questionner la représentation filmique de l’usage de la parole dans le cinéma expérimental et un moyen de questionner nos propres manières de faire de la sociolinguistique, en tant que chercheureuses.

Discussion ouverte entre un groupe de sociolinguistes, un public et un corpus de films dits expérimentaux travaillant le langage par de multiples approches.

Dans les années 70, la linguistique exerçait son pouvoir d’attraction sur une bonne partie des productions théoriques et artistiques, de la philosophie aux sciences humaines et sociales en passant par la littérature et le cinéma. Sa capacité à modéliser le fonctionnement du langage en tant que structure et à produire des concepts — notamment ceux de signifié et de signifiant1 — rejoignait sans doute une certaine idée de la modernité : les structures sous-jacentes mises au jour par les analystes avaient valeurs de preuves de scientificité irréfutables, c’est-à-dire de vérité incontestable.

Mais aujourd’hui encore, alors qu’un décentrement théorique a été opéré au sein des sciences humaines, aussi bien vis-à-vis de la Vérité que du formalisme nécessaire pour s’y approcher, les cinéastes et les artistes en général ont recours plus ou moins consciemment à diverses théories du langage issues de cette période. Or, depuis l’époque dite post-moderne, des approches comme la sociolinguistique, l’analyse du discours ou l’anthropologie linguistique ont largement remis en question ce cadre structuraliste, qui faisait du code son unique horizon, en resituant le rapport entre forme et sens dans un contexte, toujours mouvant et dynamique, dans des relations subjectives et surtout dans une histoire. Dès lors, la dimension politique du processus interprétatif est apparue sous un nouveau jour.

Langue, parole, discours, langage, signe, dialogue, voix, interaction… autant de manière de dire l’activité langagière. Mais combien de manières de la filmer ? De la mettre en images et en sons? Et qu’est-ce que ces différentes représentations nous apprennent quant aux rapports — poétiques, politiques, théoriques — des cinéastes expérimentaux au langage ?

Parce que le langage n’est pas qu’une question de sens et parce que le cinéma a toujours à voir avec le langage — qu’il le questionne explicitement ou non — , et parce que l’un et l’autre peuvent avoir une portée critique et réflexive, l’objectif de cet atelier est de faire dialoguer le regard cinématographique et celui du (socio)linguiste, à partir d’une sélection de films expérimentaux, autour d’une question : que font les cinéastes expérimentaux lorsqu’ils filment l’expérience du langage ?

Dans le cadre de la théorie saussurienne du signe linguistique, le signifiant désigne la forme acoustique du signe (les sons qui composent le mot, généralement transcrits en alphabet phonétique international), et le signifié désigne la face conceptuelle du signe (l’idée qui surgit lorsqu’on entend le mot). L’objet du monde physique désigné par le signe est quant à lui appelé référent, mais ne fait pas l’objet d’une analyse particulière par Saussure.

https://edition2020.cjcinema.org/

Dans le chien-et-loup politique que nous traversons vaille que vaille

Dans le prolongement d’une réflexion politique collective au sein du collectif « faire commune », voici un texte écrit par Emile et Alain Hobé qui peut intéresser les amoureux de l’université buissonnière… n’hésitez pas à proposer vos textes. C’est libre et même recommandé!

« La gauche n’est pas une affaire de gouvernement. » C’est ce qu’en substance a déclaré un jour Gilles Deleuze, insistant sur la priorité donnée à la perception du lointain du monde, et supposant d’autre part, pour cette même gauche, la nécessité d’un devenir minoritaire (qui est tout sauf un désir de ne compter pour rien). Il avait raison, croyons-nous, quand bien même nous comprenons que cette affirmation puisse paraître à certaines et certains pour le moins discutable.

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Résister avec quels moyens? Retour d’expérience.

En Juillet 2019, l’université buissonnière a fait halte au Chammet pour partager quelques temps de l’expérience d’appropriation d’un lieu que cinq personnes ont investi à l’année : ancien site d’une colonie de vacances d’EDF à l’abandon, construite sur le modèle de l’architecture futuriste, de nombreux Parisiens y viennent l’été pour aider à la reconstruction des lieux de vie.

@sarah leleup

Pour l’université buissonnière, il s’agissait de partager les moments de vie commune et de réfléchir à la dimension politique d’un tel retrait du monde… Il est ressorti de ces journées quelques images, plusieurs films, ainsi que des textes, que nous restituons ici de manière brute…

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Ludivine Bantigny : La révolution [ou comment se réapproprier la chose démocratique]

Ludivine Bantigny est historienne. Elle est intervenue, pour l’université populaire, dans le fil de la publication de Révolution, son ouvrage paru aux éditions Anamosa dans la collection « Le mot est faible », laquelle s’est donné pour but de recharger la signification d’un mot dont le sens s’est vu détourné par le pouvoir. Un public nombreux s’était déplacé, constitué majoritairement d’étudiants et d’enseignants mais également d’acteurs du mouvement social, notamment membres de la RATP ou de la SNCF, courageusement engagés dans la lutte autour de la question des retraites.

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Serge D’Ignazio, l’ouvrier photographe

            Serge d’Ignazio est un photographe amateur et indépendant. Il nous a fait le plaisir de présenter son travail photographique lors de l’Université populaire à l’Université Paris Descartes vendredi 31 janvier 2020, qui a mis à l’honneur les thèmes chers au photographe.

Suzanne Regelsperger, étudiante en master d’anthropologie à Paris Descartes revient sur ce moment. Evidemment cet article est illustré par les photos de Serge D’Ignazio, que vous pouvez découvrir dans leur totalité ici.

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Po.é.li.tik#2 : Politique de la psychanalyse : parole, langage et subjectivité

© photos de Serge D’Ignazio

Comment penser le langage en lien avec la subjectivité? Comment la subjectivité peut-elle être envisagée politiquement à partir de la parole? Deux propositions en discussion: celle de Deleuze/Guattari et celle de Lacan.

En présence de l’auteur…

Discussion autour du livre de Florent Gabarron-Garcia : L’héritage politique de la psychanalyse – Pour une clinique du réel

Mercredi 12 février — 19h30.

Lieu : Librairie LES OISEAUX RARES, 1 rue Vulpian, 13e arrondissement (métro Glacière).

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Langues buissonnières #6 : Retrouver la langue (africaine) perdue ?

Samed 15 février, à la La Colonie : comment perdre ou retrouver la langue perdue d’un père ou d’une mère africaine, avec Sarah Bouyain et Pascal Somé toutes les informations ici

Un père resté en Afrique que l’on redécouvre, une langue fantasmée jamais parlée, un pays que l’on n’a presque pas connu, la découverte des siens avec le français pour seul moyen d’expression : les situations sont nombreuses dans lesquelles une langue africaine a été éclipsée de la vie d’une personne vivant dans l’entre-deux des lieux.

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